Société historique de St-Donat
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111144Une si belle et si douce présence
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Une-si-belle-et-si-douce-presence2020-07-19T20:24:13Ztext/htmlfrAlain
<p>Une si belle et si douce présence <br class='autobr' /> Ce mois-ci, je tiens à vous parler de madame Louise Monette qui prendra sa retraite de la Caisse Desjardins de Montcalm et de la Ouareau en juillet. Je n'ai pas l'habitude de m'avancer tout de suite mais j'ai le goût de la définir d'emblée afin qu'un joli voile flotte sur tout mon texte car Louise est un être de bonté et de gentillesse. Sa mère, Laurette Saint-Georges, de la grande famille des Saint-Georges, vient de Saint-Michel-des-Saints. Son père avait un contrat (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong> Une si belle et si douce présence </strong></p>
<dl class='spip_document_1867 spip_documents spip_documents_right media media_vignette' style='float:right;'> <dt><a href='https://societehistoriquesaint-donat.ca/IMG/jpg/louise_monette_003.jpg' class="spip_in" title="Louise Monette" type="image/jpeg"><img src='https://societehistoriquesaint-donat.ca/local/cache-vignettes/L157xH240/louise_monette_003-f46f5-0f894.jpg?1763669314' width='157' height='240' alt='Louise Monette' /></a></dt> <dt class='spip_doc_titre crayon document-titre-1867' style='max-width: 645px;'><strong>Louise Monette</strong></dt></dl>
<p>Ce mois-ci, je tiens à vous parler de madame Louise Monette qui prendra sa retraite de la Caisse Desjardins de Montcalm et de la Ouareau en juillet. Je n'ai pas l'habitude de m'avancer tout de suite mais j'ai le goût de la définir d'emblée afin qu'un joli voile flotte sur tout mon texte car Louise est un être de bonté et de gentillesse.<br class='autobr' /> Sa mère, Laurette Saint-Georges, de la grande famille des Saint-Georges, vient de Saint-Michel-des-Saints. Son père avait un contrat avec une compagnie de coupe de bois au lac des Cyprès. À Saint-Donat, on l'aime beaucoup et on a apprécié sa belle voix, son réel talent à moduler les événements festifs et religieux. Elle a longtemps chanté dans la chorale de l'église, d'abord à Saint-Michel-des-Saints puis ici. Louise m'a beaucoup parlé de sa mère : « Comme ma grand-mère Anna-Maria qui a eu 19 enfants en 20 ans, maman avait eu ses 8 enfants, 4 filles et 4 garçons à l'âge de 28 ans, tout en travaillant pour la compagnie au lac des Cyprès . Elle ne s'est jamais, jamais plainte. On était pauvres raides à cette époque mais elle nous cousait de beaux vêtements et nous élevait dans le bonheur et le plaisir agrémentés tout le temps de balades, de chansonnettes, du Charles Trenet entre autres ». Le père de Louise, Fernand Monette, travaillait pour la Consolidated Bathurst (la Consol) à Saint-Michel-des-Saints. C'est là qu'il a rencontré Laurette. C'était un conducteur de ‘garrette', c'est-à-dire de débusqueuse, cette engin forestier qui sert à sortir les grandes grumes (troncs d'arbres abattus, ébranchés et écimés) pour les mettre sur un lieu de dépôt en forêt ou au bord d'un chemin forestier. On appelait aussi ces machines qui opèrent souvent quasi à la renverse, des « timberjack ». Fernand a eu la chance d'être élevé par son grand-père Louis Monette qui habitait sur ce qui est aujourd'hui la route 329, tout de suite après le golf. Fernand est décédé à 54 ans, souffrant d'une maladie pulmonaire. Laurette est maintenant remariée à monsieur Claude Lafond, un très gentil et très aimant monsieur qui figure souvent dans les albums de famille.<br class='autobr' />
Louise a fait toutes sortes de boulots avant d'entrer au service de la Caisse en 1989. Bien sûr, elle a gardé des enfants puis elle a été engagée à la Perdrière, base de plein air, où « elle lavait la vaisselle pour 200 personnes ». Ensuite elle a travaillé au Château-du-Lac alors qu'elle aidait parallèlement sa mère propriétaire du restaurant l'Escale dont je me souviens parfaitement. Les premiers mets chinois du village ! Louise occupera aussi un poste à la Société des alcools du Québec et elle passera 4 très belles années à l'épicerie Nadon de la rue Principale. Suzette et Gilles Nadon et leurs deux fils l'aimaient beaucoup. Ils disaient et disent encore : « On a deux garçons et une fille dans notre famille ». Elle continue de les voir bien sûr surtout que bien des gens sont encore persuadés qu'elle fait réellement partie de la famille ! <br class='autobr' /> Enfin elle deviendra caissière à la Caisse Desjardins où elle trouvera son bonheur. D'un premier mariage, Louise a deux enfants : Marc-André qui a épousé Julie Charette et Stéphanie qui aura bientôt son troisième enfant avec son Claude. Louise est maintenant la conjointe de Victor Charette, fils d'Henri et de Claire Charette de Saint-Donat. Cette belle grande famille compte 12 enfants, toujours vivants.<br class='autobr' />
Le leitmotiv de Louise Monette, c'est la bonté, la bienveillance. Elle est bénévole pour plusieurs causes. Je nommerai le Relais pour la Vie ; celui de Saint-Donat / Sainte-Agathe qu'elle a fait plus de 10 fois avançant de 19h à 7h le lendemain sans s'arrêter et celui de Montréal, 2 fois 60 kilomètres et 1 fois 30 kilomètres (de jour cette fois). Elle fait partie des Filles d'Isabelle et, là, je me dois de donner une longue explication. Louise adorait chanter à la Fête des Mères, à la Fête des Pères et à Noël pour les bénéficiaires du Foyer de Saint-Donat. « Je les connais tous depuis tellement longtemps. À Noël, je les faisais chanter et danser ou je leur tenais la main pour les faire tourner avec leur chaise roulante. Beaucoup ne nous reconnaissaient pas ou ne se souvenaient pas mais moi je sais qu'ils sentaient ce qui se passait, une sorte de félicité, une aubaine de bonheur ». Très présente auprès de chacune de ses sœurs et chacun de ses frères, elle aime les aider à déménager, poser une fermeture éclair, changer une doublure de manteau, toujours en chantant. « Les 16 enfants Saint-Georges ( 3 sont décédés) étaient des rossignols comme maman. Ils ont été choisis pour chanter à l'Oratoire Saint-Joseph, tu imagines ? Pour l'anniversaire de maman, quand elle a eu 70 ans, les 8 enfants présents ont chanté. Yves est même venu d'Allemagne où il habite ». J'ai eu la chance d'apporter chez moi plusieurs textes des chansons composées par Louise et une d'Yves qui est vraiment belle. Il me faut ajouter que Louise m'a parlé de monsieur Victor Granger qui jouait de l'accordéon pour les dîners de Noël au Foyer alors que monsieur Harold Gagné faisait le Père Noël. Un beau Père Noël car sa femme Madeleine venait toujours lui placer son habit pour qu'il soit parfait. Ce couple a assisté le prêtre pour la messe pendant plusieurs années… Louise, elle, faisait la Fée des Étoiles et distribuait les cadeaux.<br class='autobr' />
La musique est extrêmement importante pour Louise. Elle ne peut pas s'empêcher de composer, même la nuit. Elle note des phrases, une mélodie, une tonalité sur un bout de papier pour ne pas oublier. Pas de doute, pas d'inquiétude. Quand elle s'avance c'est d'un cœur à d'autres cœurs. J'ai apporté à la maison copie des chansons qu'elle a composées pour souligner presque tous les événements de ses années à la Caisse. C'est beau. Avec elle jamais de dièses, ils sont trop affirmés, toujours des bémols, des nuances.<br class='autobr' />
Le 24 juillet, Louise prendra sa retraite à la Caisse Desjardins de Montcalm et de la Ouareau. « Comment je vais faire ? Mon Dieu j'aime ça travailler là. Ça n'a pas de bon sens. En dedans, c'est comme sensible. Je regarde les gens puis je me dis : mon Dieu, eux autres ne viennent qu'une seule fois par mois. Ils ne le savent pas. Ça ne se peut pas que je ne les revois plus jamais. J'aime le monde. Les accueillir, les aider, ça me calme, ça me donne de la sérénité, une force spirituelle je dirais même ». « Tous nos gestionnaires, celles et ceux qui dirigent et administrent la succursale de Saint-Donat agissent vraiment pour que les comptes soient bien gérés tout en se sentant responsables du bien-être des gens. Les sessions de formation sont bien appréciées ». Puis Louise s'est mise à me parler avec force insistance de chaque membre du personnel au point où il m'est impossible de tout raconter.<br class='autobr' />
Louise Monette a accueilli beaucoup, beaucoup de gens et en a aidé tout autant. Elle les salue par leur nom, désamorce quelques petites bombes car « même les plus difficiles à aider sont gentils avec moi », cherche l'information, une aide à apporter à des gens que la modernité désarçonne et assure le client d'une confidentialité, d'une discrétion absolue « de la même façon que ma sœur Lorraine agit à la pharmacie ». Vous avez remarqué ? Elle revient toujours à son patrimoine, à sa famille. Quand je lui fais approuver mon texte, elle s'est soudainement emportée. « Mon Dieu, Nicole, j'espère que tu leur a dit que j'aimais mon travail à la caisse. Je ne sais pas comment je vais faire. On est une si belle équipe. On s'entraide, on se respecte. Il n'y a jamais de compétition. J'ai jamais vu ça ». Elle ajoute : « Oh, et puis tu peux dire qu'aujourd'hui je reviens d'un pique-nique à la Chute-aux-Rats avec maman. À 85 ans, elle est montée jusqu'en haut, au belvédère ».<br class='autobr' /> Je l'aurais encore et encore serrée dans mes bras. Mais oui, Louise, je leur ai dit. À plusieurs reprises, tu m'as joliment avoué que quand tu étais petite, tu croyais – et tu le crois encore – que le jour de ton anniversaire était le jour le plus spécial, le plus beau de l'année. Garde cette impression car elle est vraie. Tu pars de la Caisse le 24 juillet presque en même temps qu'à la date de ton anniversaire. Il n'y a pas d'autre « toi » dans le monde. Tu es unique.</p>
<p><strong> Nicole Lajeunesse <br class='autobr' />
(819) 424-1912 </strong></p></div>
Drôle de printemps
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Drole-de-printemps2020-07-19T19:06:12Ztext/htmlfrAlain
<p>Drôle de printemps <br class='autobr' />
Je fais partie de l'équipe de la société historique de la municipalité de Saint-Donat. Au début, je me posais vraiment des questions sur la pertinence de ma présence hors le fait que j'écris depuis 2002 dans le Journal Altitude 1350 et que j'ai une prédilection pour les sujets qui rendent hommage à nos gens, à nos artistes, à notre sol. Mais maintenant, à écouter parler les membres de cette équipe de leur jeunesse, de leur patrimoine et de leur inestimable connaissance du milieu (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Drôle de printemps</strong></p>
<p>Je fais partie de l'équipe de la société historique de la municipalité de Saint-Donat. Au début, je me posais vraiment des questions sur la pertinence de ma présence hors le fait que j'écris depuis 2002 dans le Journal Altitude 1350 et que j'ai une prédilection pour les sujets qui rendent hommage à nos gens, à nos artistes, à notre sol. Mais maintenant, à écouter parler les membres de cette équipe de leur jeunesse, de leur patrimoine et de leur inestimable connaissance du milieu physique, je suis fière et émue d'apprendre d'eux et d'ainsi réapprendre sur « mes avoirs à moi ». J'ai trois petites-filles et il y a 11 ans de différence entre Zoé, 15 ans et Misha, 4 ans. Quand Misha me parle de sa mère, elle dit souvent « ma maman à moi » comme pour être certaine que les bras de sa maman s'étirent jusqu'à si loin. Eh bien, faire partie de ce comité me fait moi aussi me pencher vers des souvenirs et je remercie ce comité de me faire un tel cadeau. Les souvenirs ne se traduisent pas par une ligne droite. Ce sont des pointillés qu'on perd puis qu'on retrouve.<br class='autobr' /> C'est ainsi que le confinement m'a rappelé un souvenir d'enfance apparenté à un enfermement. J'ai commencé l'école très tôt, à 4 ans, alors qu'à mon époque on entrait en première année à 6 ans avant le 1er décembre. Je suis née en mars. Je n'avais pas de difficulté à apprendre à lire et à écrire, j'ai même eu la médaille de l'excellence à la fin de l'année, pourtant pour mes enseignantes j'étais ‘tannante', trop vivante. En ce temps-là, il était assez courant de voir dessiné sur le grand tableau noir l'itinéraire de l'enfant modèle avançant avec son petit sac d'école parmi de beaux nuages joufflus éclairés par le soleil. Sous ce tableau la maîtresse s'était beaucoup investie pour installer tout un système de cordelettes reliant le ciel (en haut) et l'enfer (en bas) où sautillaient de petites flammes rouges et noires. Sur chaque cordelette on pouvait faire glisser la photo d'une élève de la classe ; il n'y avait pas de petits garçons où j'allais. Si on n'était pas sage, notre photo glissait plus ou moins bas. Si on était tannante, on trempait dans l'enfer et on était très très malheureuse. Imaginez-vous qu'un jour j'ai trempé dans les flammes durant toutes les vacances de Pâques parce que la maîtresse avait oublié de me remonter à la fin du dernier après-midi. À l'époque les vacances religieuses du congé pascal étaient longues et j'ai vraiment souffert ! Vous savez, j'ai toujours adoré l'école mais aujourd'hui encore je suis extrêmement sensible aux punitions qu'on donne aux enfants tannants, occupants. J'ai beaucoup écrit sur cette question et je continuerai de le faire. <br class='autobr' /> Changement de sujet. J'ai aperçu un matin de début avril un gros corbeau noir qui tournait plutôt près de moi. J'ai très peur des corbeaux et j'éprouve aussi de la répulsion à leur égard. Les anciens disaient qu'ils annoncent toujours un décès dans une famille ou, à tout le moins un malheur. Dans les zones côtières de la Bretagne, les gens utilisaient les vertus divinatoires attribuées aux corbeaux pour retrouver les noyés. Il suffisait de placer l'oiseau dans une barque et il se mettait à croasser à l'approche du corps. Je sais cependant que le corbeau est très intelligent et qu'il peut communiquer avec l'humain. J'ai une belle photo de mon ami le docteur Pierre Bertrand que tout le monde connaît en train d'échanger avec un beau spécimen apprivoisé sur la plage de Saint-Fulgence au Saguenay.<br class='autobr' /> Toujours est-il que mon corbeau s'est tout à coup intéressé à une corde de lieuse (comme disait ma grand-mère) bien nouée et enchevêtrée à une branche du lilas placé juste devant la fenêtre où je lis. Il tirait, tirait, tirait sur l'extrémité de la corde qui s'émoussait peu à peu. Vous dire à quel point il s'acharnait à décrocher cette corde-là…Le matin vers 10 heures et l'après-midi vers 16 heures, sans relâche, chaque jour. Je ne sais pas pourquoi mais je me sentais concernée. Je ne pouvais plus m'empêcher de le voir travailler. Un matin j'ai trouvé dans la maison une corde d'à peu près la même texture que la sienne et je me suis mise à en effilocher de grands bouts pour mon corbeau. C'était difficile car la corde était tissée étroitement et très piquante. J'en ai fait un beau paquet bien invitant et je l'ai posé sur un petit amas de neige au pied du lilas pour qu'il le voit facilement tout en lui disant : « Regarde, regarde » même si j'avais peur qu'il vienne m'attaquer. Il ne s'en est pas occupé pendant 1, 2, 3 jours puis, un matin, la corde avait disparu. Peut-être que ce n'est pas lui qui l'a prise mais moi j'ai été soulagée d'avoir pu l'aider. Sans le confinement, je n'aurais jamais vécu cela, non ? Je n'aimerai jamais les oiseaux noirs même s'ils ont de belles couleurs moirées ici et là mais ce n'est pas une raison pour ne pas apporter son soutien. J'ai lu dans le magazine Québec Oiseaux de l'été 2020 que près de 95% des espèces d'oiseaux sont monogames, contrairement à 5% des espèces de mammifères. Si mon corbeau revient essayer d'effilocher les restants de corde qui pendillent encore de mon lilas pour se faire un nouveau nid, je ne l'aiderai pas, c'est promis. Il est des désirs de début de printemps qui ne sont plus recevables à la fin de juin…<br class='autobr' /> Je reviens le mois prochain mêler des petits bouts de ma vie à celle des gens de Saint-Donat que je veux vous faire mieux connaître ou connaître différemment.</p>
<p> <strong>Nicole Lajeunesse</strong></p></div>
Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives.
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Accomplir-un-reve-et-enrichir-Saint-Donat-grace-a-Perspectives-3092019-12-23T21:38:22Ztext/htmlfrAlain
<p>Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives. Première partie « Objets inanimés Avez-vous donc une âme Qui s'attache à notre âme Et la force d'aimer… » (Lamartine) <br class='autobr' /> J'ai toujours été persuadée que la maison d'une personne reflétait son âme. Vous savez que je suis peintre aquarelliste alors quand on a la gentillesse de m'accueillir dans une maison comme l'ont fait Clare Linton et Mel Shea, dans un décor qu'on dirait sorti d'une toile du Groupe des Sept, je sens que couleurs et (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives.</strong></p>
<h3 class="spip">Première partie</h3>
<p> « Objets inanimés<br class='autobr' />
Avez-vous donc une âme<br class='autobr' />
Qui s'attache à notre âme <br class='autobr' />
Et la force d'aimer… »<br class='autobr' />
(Lamartine)</p>
<p> J'ai toujours été persuadée que la maison d'une personne reflétait son âme. Vous savez que je suis peintre aquarelliste alors quand on a la gentillesse de m'accueillir dans une maison comme l'ont fait Clare Linton et Mel Shea, dans un décor qu'on dirait sorti d'une toile du Groupe des Sept, je sens que couleurs et mots ne feront qu'un. Oui, il faut toujours contextualiser avant d'écrire, c'est pour cela que je n'enregistre rien. J'arrive avec un stylo à encre liquide, un bloc de feuilles lignées si le sujet est facile, de feuilles quadrillées s'il faut que je quadrille ma pensée. Je regarde, je photographie et je vous offre de voir le monde que vous croyez connaître d'une façon différente. Quand on part dans le temps, il y a parfois des dizaines et dizaines de dates à retenir alors si j'oublie un nom, une circonstance, vous me le pardonnerez. <br class='autobr' />
En 2020, nous fêterons le 31ème anniversaire de l'aventure Perspectives alors j'ai voulu rendre hommage à ceux qui ont mis en valeur notre territoire et notre langue en amenant ici des milliers de personnes, étudiants, enseignants et parents à raison de plus ou moins 3 000 visiteurs par année. Nous les voyons ici et là mais savons-nous tout ce que le mouvement implique ? J'ai enseigné pendant 36 ans en valorisant une pédagogie de projets mais jamais n'ai-je vu quelque chose d'aussi bien construit.<br class='autobr' /> Clare Linton a été élevée en Ontario, fille d'un professeur d'université. Comme sa famille, elle a toujours eu une passion pour la culture et la langue française, de plus elle a toujours eu un intérêt pour l'activité physique si possible dans un milieu autre que son milieu d'origine question que l'un profite à l'autre. Elle a vécu ici à temps partiel depuis plus de 35 ans, louant des demeures et s'attachant à tout jamais à Saint-Donat, la langue parlée, l'animation, les projets saisonniers et surtout les gens comme Anne et Daniel Garceau, Marcel Gauthier, ceux du Manoir des Laurentides et de la Réserve. Dieu qu'elle leur est reconnaissante ! En mars 1988, à un congrès d'enseignantes et d'enseignants de français langue vivante à Toronto, elle s'avance en ayant à la main comme matériel promotionnel qu'une toute petite et simple carte d'affaires qui proposait des partager un rêve : faire vivre à des jeunes d'Ontario une expérience authentique en français dans ce beau village qu'est Saint-Donat. Mel Shea, son conjoint, connaissait parfaitement bien le Québec y étant né. Il allait à ce congrès à chaque année et je crois qu'il faisait partie des enseignants qui venaient ici avec Interface (organisme de voyages étudiants) mais il n'était pas tout à fait à l'aise avec leur philosophie. Il a été séduit par le sérieux et la détermination de Clare : « We have to do so pour tous les enfants de tout le Canada » a dit Clare. Voilà. Beaucoup plus tard, la fille de Clare, Heather, qui était employée d'IBM s'est mise à chercher un autre projet de vie. Comme elle avait passé de longues périodes de sa jeunesse à Saint-Donat, elle s'est établie ici toute une année pour décider ensuite non seulement d'aider à la création de Perspectives mais d'en devenir directrice générale, responsable de l'aspect opérations à court et à long terme.<br class='autobr' /> D'où viennent ces quelques 3 000 jeunes par année qui découvrent notre monde ? Ils sont de Sudbury au nord, de Sarnia et Windsor à l'ouest, de Toronto, Niagara, Whitby, Oshawa et Ottawa. Des heures et des heures dans un autocar (14 heures dans certains cas) et pourtant plusieurs accompagnateurs reviennent encore et encore dont une conseillère pédagogique, Christina, qui en est à 30, 32 ans d'aide et de découvertes ici. Il faut dire que le Conseil scolaire de la région de Whitby-Ottawa est un des plus progressifs au Canada. Il prône l'immersion française à partir de la maternelle (ce qui se fait aussi très bien chez nous), initiant des sorties culturelles et une philosophie de grande ouverture chez les enseignants et les directeurs d'établissements. La compagnie General Motors a un gros plan dans la région de sorte que les enfants des cadres et des employés sont encouragés à avoir une orientation consciente des structures et du savoir-faire de plusieurs régions.<br class='autobr' /> Avant chaque voyage, il y a d'abord une période de questionnement bien légitime sur le fait de faire ou non un voyage culturel puis chaque école organise une soirée d'information qui en touche toutes les composantes.. Les participants découvrent ce que Saint-Donat offre (langue française, leaders inspirants, culture, trésors de la nature, jeux d'hiver, etc.). Celles et ceux qui seront les animateurs devront même avoir une semaine « d'entraînement » à Saint-Donat. Qu'en est-il du côté sécuritaire, des autobus par exemple ? En Ontario, chaque territoire gère ses autocars. La région de Sudbury, toute seule, a son propre système. Après 30 ans dira Clare « je connais très bien tout le monde. J'ai une sorte de liste des conducteurs que j'aimerais avoir. Je veux un excellent service, ponctuel, ouvert car tous font partie de notre mission. D'ailleurs plusieurs ont fait le voyage depuis 30 ans ». Certains directeurs d'école à la retraite d'Ontario veulent venir et promouvoir le mouvement Perspectives à Saint-Donat, c'est incroyable non ? Surtout que nous avons été choisis par les institutions scolaires ontariennes alors que des villes comme Québec, Montréal, Tadoussac ou Ottawa entre autres étaient en lice pour des projets semblables. Ce type de voyage représente un marché lucratif, fidèle, une ouverture inouïe sur une région. J'en parlerai le mois prochain plus en détail. Vous verrez, c'est passionnant.<br class='autobr' /> Dans cet article je vous montrerai aussi à quel point Perspectives est une chose concrète, solide, considérée comme un tout éminemment durable et surtout porté par des professionnels et des décideurs d'ici au cœur immense.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives.
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Accomplir-un-reve-et-enrichir-Saint-Donat-grace-a-Perspectives2019-12-23T21:23:07Ztext/htmlfrAlain
<p>Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives. <br class='autobr' /> Deuxième partie <br class='autobr' /> Avant d'aborder les activités du Programme et services à l'élève de Perspectives qui ouvrent une large fenêtre d'opportunités à des étudiants anglophones en immersion totale à Saint-Donat, je voudrais remercier celles et ceux qui ont permis la réalisation du projet. Il y a un tel crescendo entre une sensibilité personnelle, l'ébauche d'un plan, l'identification ferme des objectifs, l'étude de faisabilité, la recherche de (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Accomplir un rêve et enrichir Saint-Donat grâce à Perspectives.</strong></p>
<h3 class="spip">Deuxième partie</h3>
<p> Avant d'aborder les activités du Programme et services à l'élève de Perspectives qui ouvrent une large fenêtre d'opportunités à des étudiants anglophones en immersion totale à Saint-Donat, je voudrais remercier celles et ceux qui ont permis la réalisation du projet. Il y a un tel crescendo entre une sensibilité personnelle, l'ébauche d'un plan, l'identification ferme des objectifs, l'étude de faisabilité, la recherche de lieux appropriés, et l'ouverture de gens de cœur et de pouvoir pour assurer la permanence d'une entreprise de cette importance. <br class='autobr' /> Clare Linton et Mel Shea parlent de leurs bienfaiteurs avec une dévotion que je qualifierais de farouche. L'aventure a commencé avec monsieur le maire André Picard qui « a ouvert notre rêve à la municipalité » dit Clare ajoutant qu'il l'a encouragée à aller devant les décideurs. C'est ainsi que Perspectives a entretenu un partenariat avec le Mont Garceau depuis trente ans. Elle me reparle du Manoir des Laurentides, d'Anne et Daniel Garceau, de Marcel Gauthier bien sûr pour préciser que présentement, sous la direction de Martin Gauthier et avec l'équipe de Marc Loisel, Perspectives continue d'avoir cette relation importante pour l'économie de Saint-Donat. Ici je dois dire que j'ai malencontreusement parlé de La Réserve le mois dernier alors même que Clare n'a jamais été liée à ce centre de ski. <br class='autobr' /> Lorsque le Manoir des Laurentides a fermé ses portes, c'est monsieur le maire Pierre Poudrier « qui a été un ange pour nous » affirme Clare. Il a suggéré L'Étoile du Nord pour remplacer le Manoir. Encouragés par monsieur le maire Joé Deslauriers et madame Sylvie Villeneuve, Clare et Mel ont rencontré sœur Pierre-Anne Mandato, directrice des œuvres provinciales des Sœurs de Charité de Sainte Marie, qui a été d'une bonté et d'une aide exceptionnelle en faisant en sorte que sa communauté investisse 2 millions de dollars pour rénover et adapter les lieux afin que 200 élèves à la fois vivent l'expérience Perspectives. Sœur Marie-Hélène Sirois, la directrice du camp M.L. Clarac (pour Mère Marie Louise Clarac) et monsieur Robert Rivest, le gérant de l'Étoile du Nord ont travaillé avec Perspectives pour assurer le succès de cette nouvelle aventure. La supérieure provinciale de la communauté est Mère Marie-Josée Marcoux. Il faudrait écrire un long article sur cette communauté très dynamique et depuis longtemps ancrée dans notre milieu. <br class='autobr' /> Maintenant ouvrons la porte de l'Étoile du Nord et suivons les élèves au Mont Garceau. Ces derniers ont vite en main un passeport qu'ils ne devront jamais perdre. Ce n'est pas un passeport dans lequel on estampille des pays visités mais plutôt qui aborde notre lieu et son histoire. La nation atikamekw encore vivante dans la communauté de Manawan, la fondation de Saint-Donat, les défricheurs qui y vivaient déjà, une carte du Mont Garceau, la courbe de la météo, un code de sécurité, un jeu d'estampes avec tirage, un lexique du parlé québécois et surtout la découverte et l'explication de nos principales légendes. On y parle même de nos tartes au sucre ! S'ensuivent une auto-évaluation et, bien sûr, une page d'autographes qu'on vous offre de signer. Ce passeport, en français, est attrayant et utile. <br class='autobr' /> Je pourrais vous raconter pendant des pages et des pages les activités de ces jeunes. Vous seriez renversés comme je l'ai été. Je vous l'ai dit : c'est la plus belle proposition pédagogique que j'ai vue de ma vie et je passe pourtant mon temps le nez dans des bouquins. Je parlerai donc d'une partie du programme en insistant sur le fait que tout, absolument tout, se déroule en français, depuis l'arrivée jusqu'au départ. <br class='autobr' /> Au début, après un bon souper comme tous les repas servis à l'Étoile du Nord, il y a un rassemblement dans une salle où les moniteurs et les élèves sont regroupés selon des légendes québécoises pour tous les projets du séjour. S'ensuivent des jeux extérieurs puis un spectacle et une danse sous étroite surveillance. Le lendemain, s'amorce une activité d'enquête au village où les élèves rencontrent les gens et posent des questions afin de mieux connaître le milieu. On suggère comme tâche complémentaire d'écrire une carte de remerciement à ses parents ou à la personne qui les ont aidés à venir à Saint-Donat. Ensuite, c'est l'atelier de musique dans le contexte d'un studio d'enregistrement et avec un musicien professionnel. En après-midi ? Ski alpin ou planche à neige : tous sont obligés de suivre une leçon de deux heures donnée en français par un instructeur qualifié pour qu'ensuite il y ait une période de ski ou de planche libre. Le soir, grands jeux extérieurs suivis d'une veillée autour du piano accompagné d'une variété d'instruments de musique. Il y a toujours aussi des jeux linguistiques qui permettent de faire des découvertes quant au passé et au présent de la langue française. <br class='autobr' /> Le troisième jour, on fait encore du sport au Mont Garceau puis c'est l'atelier d'écologie dans le cadre d'une salle représentant le village de Saint-Donat en 1888. La dramatisation est suivie d'une randonnée en ski de fond en forêt (4 ou 6 kilomètres selon les capacités individuelles) où on observe et apprend. Croyez-le ou non, après un souper servi aux tables en français, les jeunes vont encore jouer dehors : raquette avec lampes frontales, glissade, ballon-balai. J'ajouterai un spectacle de musique avec trois musiciens professionnels, du théâtre où les élèves jouent les personnages de la légende attribuée à leur groupe, de la danse et des activités coopératives de cirque ou de jonglerie sous les yeux attentifs de jongleurs professionnels. Tout ça en une journée. <br class='autobr' /> La tâche de Clare, de Mel et d'Heather Depew directrice générale est à mes yeux incommensurable et le résultat est du jamais vu. Créer de nouvelles amitiés, augmenter l'autonomie et la confiance en soi des jeunes,découvrir l'environnement et apprendre d'autres valeurs tout en rencontrant au fil des ans des élèves aux besoins particuliers (une jeune fille aveugle accompagnée d'un spécialiste, des enfants avec déficit d'attention ou une élève affligée par le spina bifida). L'expérience Perspectives fait croître l'intelligence émotionnelle chez les élèves c'est-à-dire la capacité à s'adapter à une situation, à choisir selon les circonstances, à comprendre, à s'apaiser. Dorénavant cherchons avec curiosité et émerveillement les empreintes que laissent les élèves de Perspectives sur nos trottoirs enneigés et sur les abords du Mont Garceau.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Liaisons Enfance, Noël Royaume de Ruby
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Liaisons-Enfance-Noel-Royaume-de-Ruby2019-12-23T21:13:41Ztext/htmlfrAlain
<p>Alors que les clochers comptaient Comme les antennes les plus visibles De nos communautés rurales Les comptoirs postaux arrivaient quand même Bons deuxièmes dans la liste des signes de l'existence D'un nouveau point sur la mappe Et de la volonté des relais avec les ailleurs (Fred Pellerin) <br class='autobr' /> Pourquoi je commence ainsi par de la poésie ? C'est que l'histoire de Liaisons Enfance, Noël Royaume de Ruby a débuté grâce à une postière de Notre-Dame-de-la- Merci au début des années 90, madame Ruby de Castegnier. (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Alors que les clochers comptaient<br class='autobr' />
Comme les antennes les plus visibles<br class='autobr' />
De nos communautés rurales<br class='autobr' />
Les comptoirs postaux arrivaient quand même<br class='autobr' />
Bons deuxièmes dans la liste des signes de l'existence<br class='autobr' />
D'un nouveau point sur la mappe<br class='autobr' />
Et de la volonté des relais avec les ailleurs<br class='autobr' />
(Fred Pellerin)</p>
<p> Pourquoi je commence ainsi par de la poésie ? C'est que l'histoire de Liaisons Enfance, Noël Royaume de Ruby a débuté grâce à une postière de Notre-Dame-de-la- Merci au début des années 90, madame Ruby de Castegnier. Très au fait des conditions de vie difficiles de certaines familles dont les parents et surtout les enfants souffraient, elle a décidé de mettre en œuvre un mouvement qui assurerait une sorte de chaîne de gens non seulement sensibles mais aussi actifs et assidus qui fourniraient les ressources essentielles pour l'épanouissement des enfants et ce, à l'année.<br class='autobr' /> À l'approche des Fêtes, il y a de cela 30 ans, elle décida de fonder La Petite Mission de Notre-Dame-de-la-Merci qui encore aujourd'hui remet des paniers de provisions à chaque semaine aux familles qui sont dans la gêne. Je me permets de dire ici que j'aime le mot « gêne » parce qu'il réfère à la difficulté, la contrainte, le court embarras ou l'incommodité totale dont tout le monde peut être victime. Bien sûr, elle avait mis en place le courrier du Père Noël, s'assurant que chaque enfant reçoive une réponse personnalisée suite à son message. Elle recueillait tout au long de l'année des fonds, des denrées et des cadeaux en plus de son implication financière personnelle pour que les enfants aient un vrai temps des Fêtes avec un beau défilé du Père Noël. Une vingtaine de défilés ont fait briller nos rues puis Ruby a eu une très longue maladie et a quitté son royaume en 2008.<br class='autobr' />
Consciente de l'importance de son œuvre, l'organisation Liaisons Enfance, Noël de Ruby a pris la relève assurant l'année entière le soutien aux familles ayant des enfants de leur naissance à18 ans aux prises avec des difficultés financières. Le comité agit dans la paix, la stabilité et l'empathie sans aucun jugement ou propos inapproprié sous la direction de madame Nathalie Labelle, un être d'exception, qui travaille avec d'autres personnes dont on ignore parfois l'implication.<br class='autobr' /> Le comité d'administration se compose ainsi : Nathalie Labelle, présidente, « qui est là pour donner une direction, s'assurer d'une ligne de pensée », Marie Chauveau secrétaire trésorière et Carole Labelle à la publicité. Puis Linda McCray et Carole De Carufel au développement et aux relations extérieures ; Michel Tremblay, Rebecca Riopel et Josée Pineault à l'administration avec Michel Major qui s'est retiré il y a plus ou moins neuf mois après avoir travaillé très fort et avoir été très généreux. Un beau carton explicatif, à l'esthétique parfaite, est distribué dans les cliniques médicales de Saint-Donat et de Notre-Dame-de-la-Merci, dans les commerces, les écoles, les garderies et le poste de police pour que les gens dans le besoin, qui viennent de loin ou qui reviennent de loin, aient du soutien tout au long de l'année. L'abondance de ces cartons pleins de couleurs avec des enfants qui dansent signifie « oui, oui, venez, c'est accessible et vous serez bien reçus ». Bien sûr on étudie très sérieusement les cas qui se présentent mais j'ai en main la liste des réalisations pour l'année 2018 et elles sont impressionnantes. Impossible de les énumérer toutes. C'est aussi le cas pour les activités et les campagnes de financement au fil des saisons.<br class='autobr' /> Passons à la parade du Père Noël ! Elle commence à 19 heures à l'ancien emplacement du Manoir des Laurentides pour se terminer un peu plus loin que l'église, toujours sur la rue Principale. Attention : dès 18 heures, sur la place de l'église (là où se trouve une fontaine en été), il se passe un tas de choses dont certaines extrêmement émouvantes sous la conduite de Raphaël Laporte. Musique, amusements pour les enfants, tours de magie, chocolat chaud ou café offerts gratuitement grâce à des donateurs réguliers, pop corn, biscuits, 4 chanteurs folkloriques de la région de Lanaudière et 3 mascottes qui, comme les 47 autres mascottes du défilé, consacrent leur soirée pour faire des câlins.<br class='autobr' /> Qu'en est-il de ces câlins ? J'ai envie de dire que c'est du Nathalie Labelle, tout simplement. Imaginez, 50 mascottes extraordinairement vêtues (la penderie aux costumes chez Nathalie est une pure merveille) qui, avec respect, viennent vers les gens pour offrir ou recevoir une grosse-grosse caresse. Comme on ne peut pas voir qui se cache sous le costume, des ados, des gens seuls, des personnes âgées s'abandonnent… Nathalie dira que « c'est très spirituel ». À la toute fin de la parade on voit ces mascottes bénévoles trembler d'énergie, de bonheur donné et reçu. La mère de Nathalie qui a un bel âge s'est écriée un soir : « J'ai eu un câlin ! J'ai eu un câlin ! ». Faut-il ajouter que tout le long du défilé il y a 800 gros sacs de bonbons de qualité qui sont distribués à tous les enfants qui sont sur la rue grâce aux bons soins de Claire Gauthier ? Toutes les mascottes portent au dos une pancarte comme on porte un sac à dos pour remercier le commerce qui les commandite. Prenez le temps de les lire s'il-vous-plaît et d'apprécier l'art des habilleuses.<br class='autobr' /> Beaucoup de bénévoles, vraiment beaucoup, s'impliquent pour que le défilé de Liaisons Enfance, Noël de Ruby soit un succès. Les autobus Brunet fournissent 3 autobus gratuitement pour les déplacements tandis qu'une vingtaine de gens à pied barricadent les rues qui donnent sur la rue Principale. Le Paradis du Quad Ouareau, sous la présidence de Stéphane Bourgoin, a une grosse tâche pour assurer la sécurité et son groupe est une des assises du défilé. Des bénévoles viennent de partout : Rawdon, Chertsey, Notre-Dame-de-la-Merci, même de Sainte-Thérèse et Boisbriand. J'ai apprécié le reportage avec le maire Joé Deslauriers et Nathalie Labelle interviewés par Ophélie Welldon sur TVCL. C'était dans le bureau même du maire et les personnes présentes se sont tournées spontanément à la fin de la rencontre vers le lieu où se terminera la soirée dans les étincelles d'un magnifique feu d'artifices au parc Desormeaux. À la fin, les 15 chars allégoriques construits par de généreux commerçants se rangeront, dont celui de la municipalité où trônera le Père Noël. La fanfare venue de Québec et les représentants des écoles Sacré-Cœur et Notre-Dame-de-Lourdes seront chaudement remerciés.<br class='autobr' /> Il faut que vous veniez assister et participer au défilé de Noël. Quand on vieillit, quand on y assiste entouré d'enfants, on dirait qu'on repasse dans notre tête une série de diapositives ou de photos sur lesquelles on s'attardait plus ou moins longtemps il y a encore quelques années. Parfois on a de belles surprises au point où le cœur bascule et tombe dans la plus belle des nostalgies.</p>
<p>Légende de la photo : Nathalie et une de ses mascottes</p>
<p>Photo par : Nicole Lajeunesse<br class='autobr' />
Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Madame Patricia Perreault, kinésiologue et orthothérapeute Professionalisme et engagement
https://societehistoriquesaint-donat.ca/Madame-Patricia-Perreault-kinesiologue-et-orthotherapeute-Professionalisme-et
https://societehistoriquesaint-donat.ca/Madame-Patricia-Perreault-kinesiologue-et-orthotherapeute-Professionalisme-et2019-09-20T03:43:13Ztext/htmlfrAlain
<p>Madame Patricia Perreault, kinésiologue et orthothérapeute Professionalisme et engagement <br class='autobr' /> Je voudrais vous présenter madame Patricia Perreault qui élabore et adapte des cours de cette profession paramédicale, la kinésiologie, afin d'appliquer un ensemble de traitements qui utilisent la mobilisation active ou l'énergie davantage passive (ou latente) pour rendre à une personne malade, blessée, en attente d'une opération ou en convalescence les gestes et la fonction des différentes parties du corps. (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Madame Patricia Perreault, kinésiologue et orthothérapeute<br class='autobr' />
Professionalisme et engagement</strong></p>
<p> Je voudrais vous présenter madame Patricia Perreault qui élabore et adapte des cours de cette profession paramédicale, la kinésiologie, afin d'appliquer un ensemble de traitements qui utilisent la mobilisation active ou l'énergie davantage passive (ou latente) pour rendre à une personne malade, blessée, en attente d'une opération ou en convalescence les gestes et la fonction des différentes parties du corps.<br class='autobr' /> Patricia est née à Baie-Comeau, ce port situé sur la rive nord de l'estuaire du Saint-Laurent, mais ses intérêts l'ont menée où elle a pu se réaliser et, croyez-moi, elle en a eu des passions puissantes et continues. Toutes étaient liées à sa propension à aider les autres. « Moi, savoir que quelqu'un a besoin de moi, ça me stimule. Ça me pousse à agir » dira-t-elle à plusieurs reprises. Elle a donc été préposée aux bénéficiaires d'un CHSLD tant l'été que pendant ses études. La clientèle des aînés l'a toujours particulièrement interpellée : massages, doux effleurements pour les personnes en fin de vie, exercices adaptés, elle est un véritable cadeau pour l'organisme Pallia-Vie. « C'est pourquoi j'ai étudié ; ce que je fais ici, c'est ma mission ». Elle a pourtant commencé dans un domaine qui vous étonnera.<br class='autobr' /> Son premier baccalauréat, elle l'a fait en science politique à l'Université de Montréal dans le but de devenir une journaliste qui écrit dans les journaux, fait de la radio ou de la télévision. À ce propos, elle a d'ailleurs rencontré monsieur Pierre Bruneau. Pourtant, dès la deuxième année,elle s'est rendue compte que ce n'était pas tout à fait cela qu'elle recherchait… La notion de prendre soin, la transmission par le mouvement, lui manquaient. Elle termine tout de même son bac et est bel et bien politicologue.<br class='autobr' /> Parallèlement à l'aide aux aînés et à ses études, elle a dansé de l'âge de 10 ans à l'âge de 23 ans. Elle a même bénéficié d'une bourse qui reconnaissait son talent et l'aidait à poursuivre sa démarche avec Louise Lapierre, les Ballets Jazz, Eddy Toussaint ou autres. Ces noms évoquent chez toute personne un sentiment de fierté car leurs pas ont fondu ensemble tous les arts et les ont fait enjamber tous les continents. La danse lui sert beaucoup encore pour les cours qu'elle nous donne à Saint-Donat car la musique qui soutient nos avancées est choisie avec grand soin et chronométrée de façon à faciliter les mouvements. <br class='autobr' /> À 27 ans, elle retourne à l'université en éducation physique – promotion de la santé (le baccalauréat en kinésiologie n'existait pas encore) et obtient son bac car la clientèle de 50 ans et plus, ce besoin de prendre soin, lui revient aussi fort qu'au début. Elle choisit d'être travailleuse autonome, de revoir et d'enrichir son savoir encore et toujours. Ainsi peut-elle se rendre sur place pour créer et instaurer un service de kinésiologie, faire des consultations privées ou donner des conférences. Elle en donne d'ailleurs beaucoup pour tous les types de clientèles, pour des compagnies pharmaceutiques, le service d'oncologie d'un hôpital ou un regroupement de gens affectés par le diabète. Si elle travaille fort partout où son savoir est requis, je crois qu'elle a accroché un bon bout de son cœur à Saint-Donat. Elle commence à enseigner à 8h45 et offre 5 heures d'exercices à des classes toutes différentes les unes des autres. Si on tient compte des apartés avec ses protégés ou des rencontres individuelles au CLSC, elle est ici un bon 6, 7 heures par jour. « Je me parle. Je ne veux pas m'attarder à savoir comment je me sens. Je veux être vraie. Je veux être forte. Donner à tout le monde le même service parce que tout le monde a droit au bonheur ». Pour Noël, elle organise un gros dîner où se mêlent aux élèves des médecins, l'infirmière et tous les intervenants en santé disponibles. Elle aura acheté tout ce dont elle avait besoin, ici , à Saint-Donat et s'il reste des victuailles, elle les offre à tous ceux qui les désirent. Patricia a deux beaux grands garçons : Charles et Simon. L'an passé , Charles a réalisé un document vidéo sur cet événement. Affirmer que son vox populi a été gratifiant c'est peu dire.<br class='autobr' />
J'ai fait exprès pour ne pas dire dès le début que Patricia Perreault est aussi allée au Conservatoire LaSalle en science de la parole – communication théâtre. Son approche est basée sur la compétence, le respect, la justice et l'équité. Elle ne valorise personne en particulier mais valorise le groupe. « Chaque petite bataille, je la vois et je la mets en valeur. Je resterais ici tout le temps, j'ai même fêté mon anniversaire ici, dans vos bons restaurants ». Elle est tellement belle quand elle dit cela, elle a un magnétisme étonnant, rassembleur, vrai. Je me permets de lui glisser que, finalement, elle a réalisé tous ses rêves dont celui de devenir journaliste tellement son français est bon : le rythme, l'articulation, le vocabulaire, la modulation, tout y est. <br class='autobr' /> Je termine en vous renseignant un peu. Les sessions sont offertes par le CLSC-GMF de Saint-Donat à des personnes qui souffrent de douleurs chroniques mais qui veulent faire de l'activité physique et qui sont recommandées à cet effet par leur médecin traitant. L'aide de l'infirmière, madame Annie Cadoret, est bien précieuse aussi. Tous travaillent en équipe afin que nous sortions de ces cours calmes, détendus, pleins d'entrain… et fatigués ! Pourtant, à mon cours, strictement personne n'a abandonné en chemin. On se fait réparer en quelque sorte si besoin est puis on revient avec le plus grand des plaisirs. Alors la façon dont le groupe nous accueille nous fait monter les larmes aux yeux.<br class='autobr' /> Encore une fois, merci Patricia. En pensée, tous tes bénéficiaires signent avec moi.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Madame Gertrude Lafond-Nielly et la relation d'aide
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Madame-Gertrude-Lafond-Nielly-et-la-relation-d-aide2019-09-18T02:38:06Ztext/htmlfrAlain
<p>Madame Gertrude Lafond-Nielly et la relation d'aide <br class='autobr' />
Cet article est tout à fait particulier car il fait s'entrecroiser des expériences personnelles et un hommage à une dame qui s'implique depuis toujours dans sa communauté. <br class='autobr' />
Je reviens d'un voyage de cinq semaines en pays catalan (France et Espagne) où j'ai visité des lieux d'une importance extrême car ils témoignent de l'histoire de plusieurs civilisations, de l'époque romaine jusqu'à maintenant. J'ai visité des monastères et des cloîtres, des abbayes, (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Madame Gertrude Lafond-Nielly et la relation d'aide</strong></p>
<p>Cet article est tout à fait particulier car il fait s'entrecroiser des expériences personnelles et un hommage à une dame qui s'implique depuis toujours dans sa communauté.</p>
<p>Je reviens d'un voyage de cinq semaines en pays catalan (France et Espagne) où j'ai visité des lieux d'une importance extrême car ils témoignent de l'histoire de plusieurs civilisations, de l'époque romaine jusqu'à maintenant. J'ai visité des monastères et des cloîtres, des abbayes, des cathédrales, des sanctuaires, des chapelles, des châteaux et vu d'innombrables vestiges de foi gravés dans la pierre de lieux improbables. Les églises étaient si fréquentées que pour assister correctement à la messe de 11 heures, il fallait arriver une demi-heure d'avance. J'aimais jaser avec les laïcs qui recevaient les visiteurs, voir les jeunes enfants se choisir un coin dans l'église pour jouer le plus silencieusement possible, contourner les landaus où des nouveaux-nés dormaient (s'ils se mettaient à pleurer, un parent sortait s'en occuper tout naturellement), donner 50 centimes ou 1 euro afin de déclencher le mécanisme d'éclairage de tel retable. Certaines églises avaient 7 retables, d'autres plus encore. Un retable c'est une construction, un ensemble peint ou sculpté placé sur le maître-autel ou autour de celui-ci ; on ne peut en décrire la magnificence. J'aimais aussi prendre des photos des fonts baptismaux et des chaires tellement, tellement parlantes. Perpignan, Carcassonne, Narbonne, Béziers, Fontfroide, Montserrat (Espagne)… De sorte qu'au retour j'ai voulu écrire sur une personne qui fait partie de ces aidants qui oeuvrent au sein de ma communauté. J'ai choisi madame Gertrude Lafond-Nielly alors que je ne la connaissais pas du tout mais sa sensibilité et sa réserve m'intriguaient.</p>
<p>Gertrude a une véritable passion pour l'étude. Elle n'a jamais arrêté d'aller à l'école en quelque sorte. Partie travailler à Montréal, elle voit une annonce invitant des personnes à oeuvrer dans une institution pour « enfants déficients mentaux rééducables ». Quelle horrible définition, mais c'était l'époque. Elle y voit à la fois une belle opportunité d'emploi et une formation inspirante auprès de seize enfants de 10 à 12 ans, officiellement, car elle s'occupait aussi de plus jeunes. Parallèlement elle s'engage dans un cours en éducation spécialisée afin que ses études servent correctement sa clientèle et le Franklin Center d'Huntington était ma foi fort approprié et bien coté.</p>
<p>Elle décide cependant de revenir à Saint-Donat pour épouser monsieur Michel Nielly et avoir une première fille, Christine, puis une deuxième, Dominique. Elles lui donneront quatre petits-enfants : Xavier, Tristan, Rose et Sofia.</p>
<p>Gertrude voulait rester à la maison et éduquer ses enfants elle-même afin qu'ils aient les mêmes valeurs sur le plan moral, intellectuel et même physique. Elle sera donc à l'origine des Loisirs des tout-petits avec d'autres personnes indispensables à une vie communautaire. Il s'agissait d'un organisme à but non lucratif visant à répondre aux besoins des parents et des enfants, axé sur l'éveil socio culturel des enfants âgés de 0 à 5 ans. Ce n'était pas une garderie. Elle y oeuvrera 16 ans, de 1974 à 1990. Ensuite, tout en continuant avec cet organisme, elle sera responsable de la garderie scolaire située au sous-sol de l'église pendant 3 ans. Un casse-tête de beaux horaires à assembler mais « ça allait bien » selon elle. Elle a cependant dû trouver une remplaçante et plusieurs s'y sont succédées mais Les loisirs des tout-petits ont cessé d'exister en 1997. Elle travaillera plus tard au service de garde de l'école de 2003 à 2009.</p>
<p>Le croiriez-vous si je vous disais qu'elle jonglait avec quelques morceaux d'un autre casse-tête ? En effet, à partir de 1984, elle faisait partie de la formation à la vie chrétienne : préparation aux sacrements, activités en paroisse, rencontres le soir ou les fins de semaine. Elle se rappelle avoir visité 250 familles, 250 maison donc, pour la préparation au baptême. Elle dit : « J'ai été tellement bien accueillie. De saprées belles expériences. J'allais jusqu'au lac Sylvère. Le monde de Saint-Donat, c'est du monde inventif, plein d'énergie et d'imagination ». Elle a décidé de prendre des cours en animation pastorale pour pouvoir parler correctement de la foi aux enfants, particulièrement à ses deux filles qui étaient rendues là. Sans cesser de se promettre à elle-même de revenir à l'éducation spécialisée un de ces jours.</p>
<p>Elle a été nommée par l'évêque membre du conseil diocésain de pastorale de Mont-Laurier en 1994 et elle y a œuvré jusqu'en 2003. « Ces années-là j'ai vécu de belles expériences et j'ai rencontré beaucoup de personnes qui m'ont fait grandir. Une période bien importante de ma vie » me confie-t-elle. Gertrude a aussi sûrement beaucoup apporté à la communauté car elle était forte d'études sérieuses et particulièrement adaptées.</p>
<p>En effet je vous avoue que j'ai été époustouflée par les notes que Gertrude a obtenues à Sainte-Agathe où le collège André-Grasset déplaçait des professeurs pour un certificat d'études en Intervention pastorale de 1989 à 1994. Ce collège est réputé fiable, exigeant et irréfutable dans ses appréciations. Je me permets de vous énumérer ce qu'elle a appris. Connaissance approfondie d'un milieu d'intervention puis sur les approches à privilégier, dimension préventive de l'action, initiation à la Bible, technique d'observation participante, animation de groupe et lecture expressive. Ensuite, connaissance et mise en pratique des techniques de communication orale, insertion de la pastorale dans la société immédiate, psychologie du comportement religieux et connaissance de l'organisation diocésaine. Gertrude remettait toujours « ses devoirs » à la toute fin « au cas où elle découvrirait quelque chose à ajouter ». Et elle spécifie que malgré ou grâce à son perfectionnisme ce qu'elle a vécu, toute sa vie, a été plus beau et plus fort que les difficultés rencontrées.</p>
<p>Est-elle revenue à l'éducation spécialisée ? Oh oui ! En 1990, elle a reçu son diplôme (DEC technique d'éducation spécialisée) qu'elle a doublé d'études en théologie qu'offrait l'université Saint-Paul d'Ottawa en déléguant des professeurs à Mont-Laurier. Elle a des cartables pleins de reconnaissances professionnelles que je vous avoue avoir apportés chez moi pour faire correctement ma recherche.</p>
<p>Gertrude Lafond-Nielly est une femme inestimable. Jeune, elle vivait au Pimbina, loin du village, à 4 milles de tout. Quand sa mère lui donnait son bain ou lui faisait un brin de toilette elle chantait du Tino Rossi, du Maurice Chevalier. « Cerisiers roses et pommiers blancs » et autres balades tout en instruisant ses enfants correctement. « Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu mais ne vous appropriez jamais le bien qu'un autre a fait ». « Ne vous accrochez pas au passé, il vous façonne pour l'instant présent ». Le père, Donat, avait aussi ses convictions dont celle de s'impliquer dans la communauté, d'être actif. Cela a donné une fille très bonne marcheuse qui a parcouru à peu près tous les sentiers de randonnée pédestre de la région ainsi que les chemins forestiers. Elle a fait le Nordet d'un bout à l'autre (30km à l'aller seulement) et l'Inter-Centre, de la Montagne Noire jusqu'à la base de plein air de l'UQÀM - lac Supérieur (même distance). Elle adore marcher, collectionner les roches, repérer les fleurs indigènes et identifier les oiseaux. Pour se ressourcer elle va dans sa cathédrale, la forêt, d'où sa dignité et sa réserve. Je la remercie pour cette entrevue et pour vous faire sourire, sachez que toutes ses moyennes pondérées cumulatives dans les matières étudiées ont été de 8,6 et plus !</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Une femme remarquable, fière descendante d'une famille pionnière
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Une-femme-remarquable-fiere-descendante-d-une-famille-pionniere2019-09-17T03:57:25Ztext/htmlfrAlain
<p>Une femme remarquable, fière descendante d'une famille pionnière <br class='autobr' />
Deuxième partie <br class='autobr' /> Je commence par une histoire personnelle. Pour une soirée au moment de la crise du verglas j'étais chez un ami juif d'origine marocaine, monsieur Henri Bensimon. On parlait de ce phénomène extraordinaire qu'est l'électricité : « C'est incroyable . Il y a une plaque en porcelaine au plafond, une ampoule et une chaînette qui pend. Tu tires sur la chaînette et tu as de la lumière. Tes besoins, tes nécessités… ça résout tout ». (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Une femme remarquable, fière descendante d'une famille <br class='autobr' />
pionnière</strong></p>
<p><strong>Deuxième partie</strong></p>
<p> Je commence par une histoire personnelle. Pour une soirée au moment de la crise du verglas j'étais chez un ami juif d'origine marocaine, monsieur Henri Bensimon. On parlait de ce phénomène extraordinaire qu'est l'électricité : « C'est incroyable . Il y a une plaque en porcelaine au plafond, une ampoule et une chaînette qui pend. Tu tires sur la chaînette et tu as de la lumière. Tes besoins, tes nécessités… ça résout tout ». Henri a alors dit de sa douce voix d'artiste : « Moi, ce qui me fascine, c'est la chaînette ou la corde, le relais quoi ». Henri est un brillant ingénieur, il aurait pu aller ailleurs., il a choisi ces mots-là. Ce qui m'amène à madame Françoise Nadon. Elle a une volonté difficile à égaler, elle a fait de longues et sérieuses études, elle est forte de références sûres et va sur tous les terrains mais je dirais qu'en toute connaissance de cause, au fond, elle ne fait que tendre aux gens des ficelles à tirer. <br class='autobr' /> Françoise a enseigné pendant 26 ans tant au primaire qu'au secondaire en ayant comme leitmotiv de faire naître chez les jeunes un sentiment d'appartenance doublé d'une responsabilité vis-à-vis leur environnement et leur communauté. Dès le début de notre entrevue, elle a posé les 4 objectifs qui ont accompagné toutes ses actions : écologie, solidarité, pacifisme et démocratie. Dès 1974, elle a été à l'origine du recyclage à Saint-Donat, ce qui est vraiment avant-gardiste, puis a fait partie du Comité de l'environnement de Saint-Donat. Pourtant, une réalité pressante s'imposait à Françoise, la maman. Avec un comité de gens d'exception, elle ouvre la première garderie appelée La Chenille dans sons sous-sol et envisage sérieusement de créer un programme appelé « option plein air/environnement » à son école secondaire. En même temps. Mais attendez ! À l'école institutionnelle Sacré-Cœur de Saint-Donat, il n'y avait pas assez d'élèves inscrits, pas de gens exercés en environnement et seulement quelques embryons d'expériences initiées. Qu'à cela ne tienne, Françoise savait qu'il y avait une chaire à l'Université du Québec susceptible de l'alimenter et de l'orienter. À la fin d'une conférence, elle a posé une question : « Est-ce que quelqu'un veut m'aider à travailler dans mon milieu, être impliqué pour que notre école devienne un des Établissements Verts de Bruntland ? » Elle croyait qu'il serait possible d'avoir des élèves qui viennent d'ailleurs que ce soit de Sainte-Lucie, Val-David, Sainte-Agathe ou Saint-Sauveur. Les élèves viendraient chez nous pour le projet Nature-Études, option plein air et environnement. Elle avait bien sûr des alliés essentiels en l'occurrence madame Lorraine Vaillancourt et monsieur Alain Massé alors elle obtient l'acceptation de la Ministre de l'éducation et responsable de la famille, madame Pauline Marois et de la Commission scolaire des Laurentides. Madame Marois lui écrira alors : « Votre contribution à la formation des décideurs et décideuses de demain ne saurait être sous-estimée » (27 février 1997).<br class='autobr' /> Françoise a déjà mis sur pied, grâce à l'intérêt de madame Louise Beaudry, un parc école et un jardin communautaire près de l'école Sacré-Cœur pour lequel monsieur Yves Rocher a fait don d'un arbre fort coûteux. Les écoles dites écoles vertes Brundland reconnues pour leur engagement à un monde de beauté et d'équilibre, pacifique et solidaire sont admirées et respectées partout et elles ont donc une vie chez nous à Saint-Donat. Mais d'où vient cette appellation ? Ce nom vient de madame Gro Harlem Bruntland, première ministre de Norvège qui, en 1983, a présidé la Commission mondiale de l'ONU sur l'environnement et le développement. Une date très importante. Au Québec, c'est madame Monique Fitz-Back qui s'est impliquée pour que ce concept unique reste vivant et fidèle aux 4 objectifs cités précédemment. Toujours en 1983 Françoise, la cheftaine, a mis sur pied 4 unités des Éclaireurs de Baden Powell avec Jean-Marc Perron et Daniel Filion. En 1997, Françoise se présente à la mairie de Saint-Donat toutefois elle perdra par seulement 20 voies. De 2007 à 2014, elle agit à titre de commissaire à la Commission scolaire des Laurentides.<br class='autobr' />
La vision globale de Françoise s'accompagne d'une puissance, d'une énergie, d'une audace et d'une vaillance incroyables. La chronologie des avancées est quasi impossible à établir mais quand elle m'a détaillé sa vie, elle n'a jamais omis de nommer chacune des personnes qui l'ont épaulée. J'en ai conclu que ces personnes mériteraient aussi qu'on les nomme encore et encore même si, pour cet article, c'est quelque chose que je ne peux réaliser. Pour poursuivre, j'ajouterai que Françoise a instauré la collecte de vélos (Cyclo-Nord-Sud) pour que les vélos aient une deuxième vie dans les pays sous-développés. Elle s'est aussi impliquée lors des débuts de la SHEDO, la Société d'horticulture et d'écologie de Saint-Donat et est cofondatrice de l'Université du troisième âge (UTA) de Saint-Donat avec Louise Beaudry et Micheline Vallières qui est la présidente actuelle.<br class='autobr' /> Comment ne pas mettre en évidence maintenant ses voyages humanitaires ? En 2001, Françoise fait partie de la délégation québécoise au sein de 42 pays qui se retrouvent à l'UNESCO pour rédiger un texte extrêmement important qui sera présenté au Sommet mondial du développement durable à Johannesburg. Avec monsieur Mario Thibault, d'abord invité comme laïc dans sa classe pour informer les élèves puis devenu prêtre et facilitateur de projets, elle fait 5 voyages en République Dominicaine et au Pérou avec des adolescents pour aider les habitants des pays visités. Si elle est allée en République Dominicaine c'est en grande partie grâce à Jean-Guy Morin et au conjoint de Françoise, Germain Monette qui a appris l'espagnol et était donc à même d'aider à toute l'organisation là-bas. Elle accompagnera aussi des étudiants d'ici à Chisasibi et à la Baie James même. <br class='autobr' />
Faisant alterner le local et l'international, elle répond à une autre invitation de l'UNESCO. Elle est alors mandatée par la Centrale de l'enseignement du Québec pour aller à Tolède en Espagne et représenter le Canada. Vous vous rendez compte ? Elle y a rencontré des hommes et surtout des femmes de La Bosnie, de la Roumanie, de l'Autriche, etc. qui ont initié des projets vastes et ambitieux pour sauver des enfants de l'horreur. À cette occasion, Françoise a aussi pu dialoguer avec des gens d'Israël et de Belgique. Une chose en provoquant une autre fort heureusement, elle a pris la présidence du Comité solidarité de Saint-Donat Enfance Internationale (SSDEI) suite à la demande d'une grande dame, madame Annette Riopel. Elle s'est alors rendue en Haïti : tout était presque rassurant et confirmait le bien-fondé de son engagement mais monsieur Guillaume St-Amour a eu la bonté et l'audace d'accompagner Françoise en 2011. Grâce à lui, Françoise peut aider des enfants pour le nécessaire c'est-à-dire de bons repas, l'usage d'équipements sanitaires, des livres, etc. via la vente de belles tartes de Guillaume ayant de légères imperfections. Elle a aussi pu compter sur des bénévoles dont son frère Michel Nadon et madame Carole Martin ainsi que sur mesdames Francine Picard et Louise Lizotte.<br class='autobr' />
Elle assure également l'aide à l'enfance au Burkina Faso en recueillant des fonds qui serviront aux paysans, aux gens pauvres, aux orphelins et aux enfants vulnérables malgré le fait que le Burkina Faso perde le contrôle de son pays actuellement. Les gens du comité n'envoient plus de bénévoles mais ils trouvent le moyen de recueillir des dons et d'aider via un réseau de solidarité. Elle a toujours des idées. Tenez, plus récemment, avec Michel Nadon, elle a cultivé et vendu de belles gousses d'ail. Cet investissement de 70 $ lui a permis de récolter 2000 $ pour ses protégés.<br class='autobr' /> Je termine en disant que Françoise continue son action en écrivant des articles, en participant à des comités ou en renseignant par le biais de causeries. Elle a tenu à dire que sans son conjoint tout cela serait impossible. Ce qui me ramène à mon histoire du début : nous avons la plaque de porcelaine, l'ampoule et Françoise tire la chaînette. Bien sûr nous avons des soubresauts électriques mais rien de majeur, vraiment, rien de majeur.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Une femme remarquable, fière descendante d'une...
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Une-femme-remarquable-fiere-descendante-d-une2019-09-17T03:44:30Ztext/htmlfrAlain
<p>Une femme remarquable, fière descendante d'une famille pionnière <br class='autobr' />
Première partie <br class='autobr' /> Aujourd'hui l'information est une marée montante même dans notre coin de montagnes mais le temps que chacun lui accorde est très contrôlé et vite freiné. Un bout de journal qui traîne au resto ou sur une chaise dans une salle d'attente, une demi-heure sur internet, un peu de télé-journal avant d'aller se coucher… Des documentaires nous interpellent comme le remarquable Minuit moins une pour la planète et on suit les grands (...)</p>
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<a href="https://societehistoriquesaint-donat.ca/-Articles-de-Nicole-Lajeunesse-" rel="directory">Articles de Nicole Lajeunesse</a>
<div class='rss_texte'><p><strong>Une femme remarquable, fière descendante d'une famille pionnière</strong></p>
<p><strong>Première partie</strong></p>
<p> Aujourd'hui l'information est une marée montante même dans notre coin de montagnes mais le temps que chacun lui accorde est très contrôlé et vite freiné. Un bout de journal qui traîne au resto ou sur une chaise dans une salle d'attente, une demi-heure sur internet, un peu de télé-journal avant d'aller se coucher… Des documentaires nous interpellent comme le remarquable Minuit moins une pour la planète et on suit les grands acteurs qui essaient de sauver notre monde mais on ne peut tout de même pas s'attarder à tout, non ? L'Angola, Haïti, le Burkina Faso et notre série télé préférée. La vie est une question de choix, de priorités. Moi, depuis un bon bout de temps, je suis bouleversée par la question du développement durable et éthique alors j'ai demandé à madame Françoise Nadon de démêler un peut tout ça, de me parler de sa vie et des étapes de sa conscientisation car c'est une autorité, une femme qui a une sorte de légitimité organique à nous guider.</p>
<p> Pour ne pas faire d'impair, j'ai rencontré Françoise et pris beaucoup de notes puis elle m'a permis de consulter des documents personnels dont celui, très complet, du gala des bénévoles 2017 à Saint-Donat et ceux de l'Association des retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec (AREQ). C'est d'ailleurs madame Francine Michaud, associée à cet organisme, qui a pris la photo qui orne cet article.</p>
<p> Le grand-père de Françoise, Joseph Nadon, est né en 1890 à Saint-Donat. Il disait « faire de la terre neuve », l'expression signifiant littéralement travailler la terre en considérant cette matière du point de vue de ses qualités agricoles et comme élément de base de la vie. S'ajoutait comme pour presque tous et chacun des travaux de ferronnerie, de bûchage et de drave. Il avait une magnifique terre partant du lac Ouareau et allant loin vers le mont La Réserve. Sa femme Maria Charrette et lui ont eu 11 enfants mais cette maman est morte en couches à 36 ans. Joe ne s'est jamais remarié et s'est senti coupable tout le reste de sa vie. Je dirai un des plus beaux mots de la langue française : c'était un homme bon. Non seulement il avait perdu sa belle Maria mais il a aussi perdu 2 enfants. Il a alors cru raisonnable de garder ses garçons avec lui sur la terre et d'envoyer ses filles étudier. Il a eu une bien belle récolte : l'une est devenue religieuse et trois autres ont suivi le cours d'économie familiale (ou d'enseignement ménager) pour servir ensuite comme maîtresses d'école. Tous les enfants ont eu protection et accompagnement.</p>
<p>Le père de Françoise, Hubert Nadon, est né en 1918 et habitait la belle maison où se trouve aujourd'hui l'entreprise PaysaNord. C'était un homme intelligent, curieux, désireux d'apprendre et de faire apprendre. La terre était très précieuse pour lui aussi ne serait-ce que parce que « lorsqu'il ne pourra plus aller à la montagne il fera aussi de la terre neuve ». Malheureusement quand il n'a plus été à la montagne, il est décédé. J'ai une admiration sans bornes pour ces hommes qui avaient une autorité, une assurance, une certitude face à leurs besoins. Monsieur Nadon a fait instruire ses quatre filles et ses quatre garçons. Marc, l'aîné, a fait des études en biologie tandis que Michel, Jacques et Pierre dit Pierrot sont ingénieurs. Quant aux filles, elles sont toutes devenues enseignantes : Suzanne, Françoise, Marcelle et Louise. Pour reprendre une des phrases des documents fournis « savait-il à quel point sa fille, Françoise, allait utiliser à bon escient ses talents d'éducatrice pour partager sa passion pour les enfants et pour la planète qui leur sera léguée ? »</p>
<p> Si on va du côté de la mère de Françoise, madame Fernande Lévesque, on découvre qu'elle aimait peindre. Quel plaisir nous aurions si on pouvait retrouver une de ses toiles pour la mettre dans notre futur musée ! Il y en a en circulation, peut-être une trentaine. D'abord chez ses enfants puis chez des paroissiens. Son père, Conrad Lévesque, était marié à dame Émilie Lambert. Eux aussi avaient une ferme.</p>
<p> Ce que j'ai senti de la famille de Françoise Nadon c'est que chaque personne a été porteuse de valeurs nourries par les échanges avec celles et ceux qui l'a précédée. Françoise a trois beaux enfants : Annie, Patrick et Jessie. Elle a aussi six petits-enfants dont un s'appelle Éloi « comme le frère de papa » et l'autre, Hubert « comme le nom de mon père ». « Nous sommes très, très famille ». J'ajouterais qu'elle est aussi très près de son milieu, de sa paroisse. Comment faire autrement quand on naît dans une belle maison de pierre près de l'église, durant l'angélus ?</p>
<p> Je fais exprès d'interrompre mon article en soulignant les honneurs que Françoise a reçus parce que, j'ose espérer, vous serez épatés par cette dame que je côtoie dans le journal Altitude… et vous suivrez ensuite ses réalisations avec une impression de besoin d'en savoir davantage. Elle est forte, après l'école normale, d'un certificat d'études universitaires en théologie, d'un autre certificat de didactique des moyens d'expression et d'une mention d'honneur au concours « Opération de démarrage de mini-entreprises spécialisées en environnement ». En plus elle accumule des crédits dans toute matière liée à son action. Elle a été intronisée au Cercle Monique-Fitz-Back, grande dame de l'aide humanitaire et initiatrice du mouvement Écoles Vertes Brundtland au Québec. Elle a reçu une lettre de félicitations très touchante de madame Pauline Marois alors ministre de l'Éducation et ministre responsable de la Famille. Elle a obtenu le Prix du Premier Ministre du Canada, monsieur Jean Chrétien. Imaginez-vous, j'ai en main copie d'un hommage signé David Suzuki, scientifique et environnementaliste de réputation internationale. Françoise a côtoyé Frédéric Back, Jean Lemire et Laure Waridel à plusieurs reprises. Sa vie, de Saint-Donat à l'international, est un magnifique crescendo que je vous détaillerai le mois prochain.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>
Portrait de la dame aux oeufs
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https://societehistoriquesaint-donat.ca/Portrait-de-la-dame-aux-oeufs2018-12-29T18:00:12Ztext/htmlfrAlain
<p>Portrait de la dame aux oeufs <br class='autobr' />
Presque tout le monde a été, un jour ou l'autre, fasciné par une belle collection d'œufs en marbre, en jade ou en pierres qui permettent la sculpture de petits objets d'art (améthyste calcédoine, lapis-lazuli et autres). J'ai, chez moi, le livre « René Lalique, Bijoux d'exception –1890-1912 ». Il n'est pas de broche, de pendentif, d'épingle, d'agrafe, de breloque, de peignes précieux où la forme de l'œuf n'apparaisse tantôt comme motif central, tantôt comme cadre complaisant. Et (...)</p>
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<div class='rss_texte'><p><strong>Portrait de la dame aux oeufs </strong></p>
<p>Presque tout le monde a été, un jour ou l'autre, fasciné par une belle collection d'œufs en marbre, en jade ou en pierres qui permettent la sculpture de petits objets d'art (améthyste calcédoine, lapis-lazuli et autres). J'ai, chez moi, le livre « René Lalique, Bijoux d'exception –1890-1912 ». Il n'est pas de broche, de pendentif, d'épingle, d'agrafe, de breloque, de peignes précieux où la forme de l'œuf n'apparaisse tantôt comme motif central, tantôt comme cadre complaisant. Et que dire de Fabergé, cet orfèvre et joaillier russe qui utilisait les pierres dures citées plus haut, et l'émaillerie sur or et sur argent pour créer les œufs de Pâques destinés à la cour des tsars. Bien loin de moi l'idée de comparer tel art à telle manière de faire, mais je viens de visiter la maison de Mme Claire Lafond et, croyez-moi, j'ai fait tout une découverte. Claire Lafond travaille les œufs d'autruche, de caille, d'oie, d'émeu du vert pâle au vert presque noir, (Australie), de nandou (Amérique du Sud), de dinde et de poule. Elle en fait des écrins devant souligner, avec plus de délicatesse que coutume, un événement : des fiançailles, un anniversaire de mariage, une naissance, une remise de diplôme. On peut y cacher une lettre d'amour ou de remerciement ou on peut, tout simplement, s'attarder comme les enfants devant un carrousel ou une belle boîte à musique. Dans ses œufs, il y a des amoureux qui devisent devant un gazébo fleuri, des enfants qui nourrissent des oies, des skieurs dans la poudreuse, une scène d'hiver bleue de froid, un randonneur seul au moment où la lune se lève, des fleurs de nos jardins et mille autres choses.</p>
<p>Comment elle procède ? Claire achetait ses œufs déjà vides, mais comme elle a besoin de contrôler le diamètre des petites ouvertures, elle les prend aussi encore pleins et doit les vider elle-même. L'odeur qui entoure l'opération est quasi insupportable. Elle a donc à nettoyer et désinfecter à la perfection l'intérieur et l'extérieur de la coquille. Elle étudie ensuite la forme de l'œuf et sa couleur, ce qu'il lui inspire, l'émotion du moment ; elle attend un peu et voit venir, à moins qu'une commande ne la dirige vers un type d'ouvrage bien précis. Il faut bien sûr mesurer l'œuf avec un mesureur spécial en bois, à l'ancienne, ou en plastique. Chaque mesureur semble avoir son rapporteur, mais je n'en suis pas certaine car je me suis retrouvée devant des calculs et des figures à la Léonard de Vinci qui m'ont rendue béate d'admiration. Les calculs faits, il faut couper. L'hiver, on ne peut pas couper d'œuf, ça sent trop mauvais et ça fait trop de poussière, une poussière blanche infiniment fine qui s'insinue partout. L'ouvrage nécessite l'emploi d'un outil rotatif avec des pointes miniatures à diamant ou au carbone, mais 35 000 tours, ce n'est pas assez vite pour les découpes en dentelle que Claire fait souvent, lors elle a aussi une fraise de dentiste, avec compresseur. Elle pose des pentures miniatures, des portes, des chaînettes, divers appareillages, tel que mécanisme musical ou deux ou trois paliers qui bougent et s'emboîtent, quitte à utiliser un vieux rouge à lèvres pour faire monter et descendre une partie de la scène. Quand tout est solide, elle décore l'intérieur de l'œuf : peinture, art du plissé et du drapé selon un livre datant de 1920, gallons et pierreries. Elle trouve parfois des miniatures qui l'inspirent, mais décide facilement de les faire elle-même car elle a un four à céramique à la maison. Que ce soit pour cette étape ou pour la décoration extérieure finale, elle utilise ses<br class='autobr' />
très bonnes bases en couture, fait du découpage en dimensions, du transfert d'images, du collage, du repoussé et même de la peinture sur porcelaine. Bon, il faut penser à mettre une couche de protection sur le tout. Une couche ? J'ai tenu dans mes mains un œuf tout en dentelle, orné d'iris, qui avait nécessité 20 couches successives appliquées au pinceau. On ne peut pas couper court et utiliser un aérosol, car cela gâcherait irrémédiablement le gallon, les ajouts en tissu, les pierres du Rhin ou les petits cristaux. Elle termine en achetant soit un pied, une base en pierre, une poignée et, parfois, un coffret vitré, car plusieurs réalisations sont des œuvres de collection vendues à Vancouver, aux Etats-Unis, en France, en Belgique et ailleurs à des gens qui les attendent. Le Maine et le Texas sont friands de ces petites mises en scène poétiques.</p>
<p>Claire Lafond est une citoyenne de Saint-Donat tout à fait exceptionnelle. Plus que son art, c'est sa personnalité qui m'a stimulée, c'est tout dire. Elle aime une vie qui lui propose constamment des défis : « J'ai déjà passé 10 semaines à faire un œuf. Dans n'importe quel domaine de la vie, si un problème ne se règle pas, ce ne sera certainement pas parce que je n'aurai pas tout essayé ». C'est l'hiver encore, vous le savez maintenant, certaines coquilles ne se travaillent pas à l'intérieur, et son atelier, eh bien, c'est la table de cuisine point à la ligne. Pourtant, elle a tellement de projets… « continuer à peindre mes belles assiettes de porcelaine de Limoges »…,<br class='autobr' />
« faire de la très belle gravure ou de la sculpture avec mes œufs d'autruche parce qu'il y a la couche extérieure grège, puis une belle couche bleu turquoise, et finalement du blanc, tu vois ça ? ». Elle a déjà offert une de ses œuvres aux Femmes Actives et en donnera une pour une campagne de financement destinée à aider l'Orchestre de Saint-Donat (je viens de me rendre compte que levée de fonds est un anglicisme – fund raising – traduit littéralement. Vous voulez partager ma découverte ?). Venez voir Claire probablement à l'église à la Saint-Jean, mais si<br class='autobr' />
l'impatience vous gagne, je peux toujours vous mettre en contact avec elle.</p>
<p>Source : Journal Altitude, Nicole Lajeunesse</p></div>