Voyage Cusson Vandal, 3e récit. Jos Morin et sa famille

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JOS MORIN ET SA FAMILLE

Jos Morin vit avec sa famille à Saint-Donat, Comté de Montcalm. Il guide les touristes qui viennent à la pêche, sur les lacs, aux alentours de Saint-Donat. Mais, déjà en 1935, la pêche n’est plus ce qu’elle était sur les grands lacs Archambault et Ouareau.

Les touristes, souvent des américains et des gens de Montréal, demandent pour des sites meilleurs pour la pêche. C’est alors que Jos Morin avec sa courageuse épouse et ses enfants, décident d’ouvrir un secteur de pêche plus loin en forêt, au lac Caribou, à environ vingt-deux kilomètres de Saint-Donat.

À cet effet, il obtient du gouvernement une concession d’environ une quinzaine de lacs. Il peut y exploiter la pêche sportive, mais il devra en compensation surveiller le niveau d’eau des lacs pour favoriser au printemps, le transport par flottaison de la ‘’pitoune’’ (bois que les bûcherons ont coupé durant l’hiver et qu’ils ont transporté sur les lacs gelés). Jos est donc de plus, gardien de digues.

Leur première installation au lac Caribou sera dans de grosses tentes de toile, installées sur des plates-formes de planches, surélevées d’environ deux pieds du sol. Chaque tente a son poêle à bois, ses lits de camp avec couvertures. C’est ainsi, sous la tente que Jos, sa femme et ses enfants s’installèrent aussitôt après la fonte des neiges pour y passer tout l’été et ne revenir à Saint-Donat qu’à l’automne tardif.

JOS MORIN, HOMME DE BOIS, BON GUIDE ET BON PÊCHEUR

Jos Morin est un homme de bois, de forêt, de lacs. Il n’est pas très grand, mais trapu et fort. Vêtu de pantalon ‘’britchies’’ avec larges bretelles, chemise de flanelle, gros bas de laine et bottes de cuir de draveur, il a le teint bronzé des hommes qui vivent au grand air et au soleil.

Pour lui, son territoire n’a pas de secret. Il connaît tous les lacs, les sentiers, la forêt, les montagnes. Il est ce qu’on peut appeler un bon guide. Ses visiteurs se sentent toujours en confiance lorsqu’il les amène en excursion.

Il est aussi bon pêcheur. Il connaît les caprices de la truite. Pour lui, l’endroit où ancrer la chaloupe est très important. Il enseigne à Laval que c’est juste au bout de la batture, là où le lac s’enfonce en profondeur qu’il faut s’installer. C’est alors que chaque fois qu’ils changent de place, Jos prend une ‘’éternité’’ à sonder calmement le fond du lac avec sa pesée, pour trouver exactement le point de bris entre la batture et le début de la fosse profonde. Là, dit-il, la truite qui se tient au fond de la fosse dans l’eau froide, guette tout ce qui peut s’aventurer au-dessus de celle-ci pour l’attaquer et le bouffer. Il sait aussi que lorsque le soleil se couche et que l’eau refroidit un peu à la surface, la truite fait des excursions rapides sur la batture pour chercher des proies à manger avant de replonger ensuite dans la fosse.

Jos pêche avec une canne en bambou au bout de laquelle il déroule la longueur de corde voulue. Lorsque la truite mord, il sait la ferrer d’un petit coup de poignet que Laval ne parvient pas à maîtriser comme lui. Même que Laval n’en revient pas de voir Jos qui, lorsqu’il allume sa pipe, le manche de ligne placé entre les deux jambes, vient à bout quand ça mord à sa ligne, d’un petit coup rapide, tirer sa ligne et ramener à tout coup une autre belle truite. Puis il lève son grand manche de ligne au-dessus de sa tête, pour faire en sorte que la truite sortie de l’eau, vienne atterrir juste entre ses deux jambes. Là, il la serre un peu, le temps de la décrocher et de la mettre dans le sac de toile avec les autres, après lui avoir brisé le cou.

LA PÊCHE, LE PLEIN AIR, LA NATURE.

Presque tous les jours, lorsque la température le permet, Laval et Violette, guidés par Jos Morin ou un de ses garçons vont à la pêche.

Ils apprécient la vie de plein air ou l’on respire à pleins poumons et ou le soleil, le vent, la pluie vous stimulent et vous tannent la peau.

Ils aiment l’activité des excursions, l’effort de ramer la chaloupe, de portager dans les sentiers entre deux lacs et de pêcher la truite ;

Ils admirent cette belle nature des Laurentides. Ces grands espaces infinis de ciel, montagnes, lacs, rivières, forêt sont pour eux des cathédrales naturelles d’une grande richesse. Ils s’émerveillent de voir cette nature se renouveler sans cesse comme dans un kaléidoscope. Chaque territoire qu’ils visitent offre un paysage nouveau et différent mais toujours aussi sublime.


Source : Dr. Marc Cusson, fils de M. Cusson et Mme Vandal, Journal Altitude 1350, octobre 2016