Voyage Cusson Vandal, 6e récit. Le réveil

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LE RÉVEIL

Vers les cinq heures du matin, M. Morin réveille ses invités d’une voix basse. Il leur demande de se lever doucement, sans faire aucun bruit, et de venir admirer une femelle orignal avec son petit qui mange pas très loin les herbes et nénuphars au bord du lac.

Tous ont pu observer ces magnifiques bêtes prendre leur petit déjeuner. Mais, un chuchotement un peu trop fort attire l’attention de la femelle qui aussitôt s’énerve et fuit dans la forêt avec son petit, en quelques secondes.

Pour un réveil, c’est plutôt ‘’tripatif’’, adrénalisant. Le soleil est déjà levé, on le devine par sa lumière au-dessus de la montagne, mais ici au bas de la montagne, près du lac, la brume n’est pas encore dissipée et il fait encore froid. Les hommes s’habillent et se préparent pour le déjeûner. Au menu, œufs et bacon cuits dans la poêle et tranches de pain grillées au-dessus des braises et café chaud. Bientôt, tous sont prêts pour une autre excursion de pêche.

LE COUP DU MATIN.

Aujourd’hui, c’est ‘’le coup du matin’’ qu’on donne. La pêche est aussi bonne que la veille et M. Morin ne cesse de dire à ses invités d’arrêter de prendre du poisson. En effet, ce n’est pas tout de le prendre, mail il faut le rapporter au camp et les bagages déjà lourds et le seront davantage dans les portages, lors du retour.
En fin de matinée, le soleil est haut et chaud. Pas un nuage à l’horizon. Les pêcheurs retournent au campement pour un dîner léger (sandwiches et liqueurs qu’on avait pris soin de plonger dans l’eau froide du lac). Puis, ils démontent le camp et préparent le retour.

Ils se pressent de démonter la tente, plier les toiles, rassembler les outils et de le remonter ensuite dans le haut de l’arbre.

LE RETOUR

Chacun se charge de son sac à dos et de ses paquets et tous reprennent le sentier du retour.

A moins de deux kilomètres du lac Sauvage, Denis se souvient d’un arrêt sur le lac Joachim. C’est un petit lac aux approches difficiles, au creux d’une montagne. Il n’y a pas de chaloupe sur ce dernier, seulement un vieux radeau fait de troncs d’arbres. Il est lourd, difficile à déplacer, et par dessus tout, il prend l’eau lorsque les pêcheurs y montent. L’eau est d’une limpidité particulière.

Les pêcheurs n’apportent pas de cannes à pêche, mais un simple écheveau de corde qu’ils tiennent au creux de leurs mains, ainsi qu’un sac de toile pour rapporter le poisson. Jos pousse lentement le radeau à l’aide d’un aviron. A peine à quelques mètres du bord, la profondeur est impressionnante. Les hommes empâtent avec des vers et déroulent leurs cordes qui descendent le long du radeau, jusqu’au fond du lac. Dans la transparence de l’eau, ils voient les truites s’approcher et mordre à leurs hameçons. En moins de vingt minutes, ils prennent une douzaine de truites. Alors Jos intervient en disant : ‘’C’est assez. Roulons nos cordes. Il ne faut pas vider ce bon petit lac, et puis, il faut continuer notre retour au camp’’.

C’est ainsi que Denis se rappelle encore cette courte mais fructueuse halte au lac Joachim. Et, encore une fois, les ‘’portageurs’’ s’équipent de leur paquetage et reprennent le sentier du retour. De lacs en lacs où la traversée se fait en chaloupe à rames, et de portages en portages dans les sentiers de forêt, les bagages s’appesantissent et la journée avance. Les pêcheurs arrivent en début de soirée à la dernière étape de l’excursion, au lac Caribou.

Il est passé 19 heures. La journée s’achève, le soleil est couchant. Il faut encore au moins 30 à 40 minutes pour traverser le lac Caribou. Enfin après un dernier virage à droite, les rameurs fatigués s’encouragent en apercevant les camps au fond du lac. Le vent qui porte vers eux, ramène une bonne odeur de feu de bois. C’est la fumée du poêle à bois de Madame Morin qui prépare le repas du soir. Encore quelques coups de rame et dans la pénombre qui enveloppe tout maintenant, on peut deviner Violette, Madame Morin et les enfants qui guettent leur retour, sur la galerie et sur le quai.

Enfin arrivés, les petits gars restés au camp, donnent un coup de main pour accoster et attacher les chaloupes des voyageurs. C’est avec impatience qu’ils s’informent du résultat de l’excursion et de la pêche.

Alors, chacun à sa façon, raconte un épisode de l’excursion, qui à tous points de vue, est une réussite. Madame Morin invite les hommes à monter les bagages au camp, à faire un ‘’brin’’ de toilette et à venir terminer leur récit autour de la table avec un bon repas chaud qu’elle a préparé pour eux.

Au sortir de la salle à dîner, avant d’aller au lit, Laval et Violette selon une habitude qu’ils ont prise, question de prendre une dernière bouffée d’air frais, prennent une marche sur la galerie du camp, ou sur le bord de l’eau près des quais, ou sur la digue près du crique. Laval fume une dernière pipée de tabac. Violette le tient par le bras. Ils admirent le ciel et les étoiles. Dans le calme et la fraîcheur de la nuit, ils se sentent heureux, amoureux.

M. Jos Morin, lui, exprime sa satisfaction d’avoir réussi à faire vivre à ses invités la grande excursion au lac Sauvage. Il remercie le beau temps d’avoir été de la partie et le fait que tous soient revenus sains et saufs (i.e.. qu’il n’y ait pas eu d’accident ou contretemps) et surtout, que la pêche ait été bonne.

FIN

C’est ainsi que Laval et Violette firent de merveilleux voyage de pêche au camp de Jos Morin, au lac Caribou, à Saint-Donat, dans les Laurentides.


Pour sauver de l’oubli…….écrit en février 2002 à Saint-Hyacinthe, par Marc Cusson, O.D. Journal Altitude 1350, janvier 2017